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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" (Antoine Laurent de Lavoisier, chimiste français, 1743 - 1794).

Cela veut dire que nous vivons dans un monde fini. Et oui, contrairement à ce qu'on nous répète à longueur de journée et de journaux, télévisés ou papier, la Terre ne croît pas indéfiniment selon notre bon désir. Voilà pourquoi une croissance infinie est impossible.

Prenons l'exemple de l'ordinateur avec lequel vous êtes en train de lire cet article (et moi de l'écrire). Il est composé de matériaux divers : plastique, métaux, silicium principalement. Le plastique provient du pétrole, les métaux des mines de fer, cuivre, or etc., et le silicium des carrières de sable. Quand on aura fabriqué tellement d'ordinateurs qu'il n'y aura plus de pétrole, plus de métaux et plus de sable, ce sera fini, on se retrouvera avec un gros tas d'ordinateurs vieux et cassés d'un côté, et rien de l'autre. Pardon, pas rien, des dégâts environnementaux considérables qui auront été causés par l'exploitation de ces matériaux : pollutions des sols et des eaux souterraines, marées noires, déforestations, etc.

La Vie sur Terre fonctionne selon des cycles : le cycle du carbone, le cycle de l'eau, le cycle de l'azote etc. Le fonctionnement cyclique permet de durer éternellement, puisque ce qui est un déchet pour certains (par exemple les feuilles mortes des arbres) devient un aliment pour d'autres (les vers de terre, qui à leur tour vont enrichir le sol de leurs déjections, qui nourriront les arbres et ainsi de suite année après année). Chaque cycle a une durée totale définie : par exemple, la nappe d'eau souterraine des Sables-Verts de l’Albien, qui est située sous Paris, met 30 000 ans pour se renouveler. Cela veut dire que si on l'utilise à un rythme trop important, le niveau va baisser, et la nappe d'eau va finir par s'assécher. C'est d'ailleurs un phénomène qui a déjà commencé et que l'on observe avec inquiétude dans de nombreuses régions du monde dont la France : le niveau des nappes d'eau souterraines baisse régulièrement, ce qui veut dire que nous utilisons trop d'eau provenant des nappes souterraines.

Depuis le début de l'ère industrielle, l'Homme est ainsi passé très rapidement de processus cycliques à des processus linéaires. Mais cela n'est pas viable à court terme : on ne peut pas sans cesse puiser dans des ressources, les transformer, les utiliser puis les jeter! D'une part parcequ'en faisant cela, un jour nous n'aurons plus de ressources, d'autre part parceque nos processus de transformation sont polluants et nous empoisonnent, et enfin parcequ'à force de produire des déchets nous allons nous retrouver sur une planète poubelle. Est-ce cela que veut l'humanité? Tout ça pour avoir une nouvelle bagnole et un écran plasma... Le jeu en vaut-il la chandelle?

Savez-vous qu'il y a à peine 60 ans, il n'y avait pas de poubelles dans les campagnes en France? Demandez à vos grands-parents : on ne jetait rien! On réutilisait tout. Certains diront : "oui mais c'est le progrès". Est-ce vraiment un progrès? Pour moi, un progrès est quelquechose de nouveau, qui apporte une amélioration par rapport à la situation passée. Le fait d'avoir des décharges qui polluent nos sols et nos eaux souterraines, des incinérateurs qui polluent notre terre et notre air, cela est-il réellement un progrès?

Bref, j'aurai l'occasion de développer ce principe dans les articles thématiques, mais n'oubliez pas que c'est un principe de base : nous disposons d'une quantité finie de matière et nous n'en aurons pas d'autre, alors choisissons soigneusement ce que nous voulons en faire et essayons de revenir à des processus cycliques.